Quelles sont les normes autour des masques antipollution ?

Un masque antipollution est considéré comme un EPI, ou Equipement de Protection Individuelle. À ce titre, il doit répondre à certaines obligations émanant de directives européennes avant d’obtenir son autorisation de mise sur le marché. Pour aller plus loin, des normes relatives aux demi-masques filtrants ont vu le jour. Elles constituent une information essentielle car elles justifient de l’efficacité de ces dispositifs en matière de protection respiratoire. Passage en revue des différentes normes et de ce à quoi elles correspondent.

Qu’est-ce que la norme EN 149 ?

La norme EN 149 est une norme européenne définissant les exigences minimales auxquelles doivent répondre les « demi-masques filtrants contre les particules » (demi-masque = masque couvrant la moitié du visage). Elle a été mise en place en 2001 et décrit le protocole de test que les masques doivent subir avant d’être officiellement certifiés « FFP ».

Une fois certifiés, les masques de protection respiratoire doivent impérativement faire figurer les mentions suivantes :

  • le nom du fabricant
  • la référence du masque
  • le marquage CE
  • le numéro de l’organisme certificateur
  • la référence à la norme EN 149:2001
  • l’échelon de protection : FFP1, FFP2 ou FFP3 (voir plus bas)

Dans l’Union Européenne, les principaux organismes certificateurs sont :

  • APAVE pour la France
  • Centexbel pour la Belgique
  • INSPEC pour le Royaume-Uni

Vous pouvez retrouver une liste détaillée de ces organismes dits « notifiés » ici.

La dernière révision de la norme EN 149 date de septembre 2009. Depuis cette date, des lettres doivent être ajoutées après FFP1, FFP2 ou FFP3, pour indiquer si le masque est réutilisable ou non. On ajoute NR si le masque est destiné à un usage unique, et R si le masque est réutilisable. Vous verrez ainsi des mentions de ce type : Masque de protection respiratoire CE EN 149:2001+A1:2009 FFP1 NR.

Un masque FFP, qu’est-ce que c’est ?

Les masques antipollution les plus fiables que l’on peut trouver dans le commerce portent l’indication « FFP ». C’est l’acronyme anglais de « filtering facepiece particles », qu’on peut traduire en français par « masque à particules ».

Les masques FFP sont en effet destinés à limiter l’inhalation de particules en couvrant entièrement le nez et la bouche. Il peut s’agir de poussières, de particules fines (PM10, PM2,5, PM1), de pollens ou encore de bactéries et de virus.

masque FFP3
Un masque FFP3 non réutilisable

Les masques FFP sont essentiellement utilisés sur les lieux de travail où la pollution de l’air peut dépasser le maximum autorisé sans port de masque. Ils sont aussi, et de plus en plus, utilisés par des piétons, des cyclistes et des motards souhaitant limiter la quantité de particules fines inhalées pendant leurs déplacements. Malheureusement, l’obtention de la certification ayant un coût en plus d’être chronophage, de nombreux masques antipollution urbains ne sont pas homologués FFP.

En fonction de la quantité de particules que le masque peut filtrer, celui-ci est classé dans l’une des 3 catégories définies par la norme EN 149 : FFP1, FFP2 ou FFP3.

Pour être plus précis, l’échelon de protection du masque est défini par 2 critères : le taux de filtration et le taux de fuite totale vers l’intérieur. Le taux de filtration mesure l’efficacité de filtration du masque. Il représente la quantité d’aérosol qui est effectivement retenue par le filtre du masque. Le taux de fuite, lui, mesure en quelque sorte le défaut d’étanchéité du masque. Il représente la quantité d’aérosol qui ne passe pas à travers le filtre, et qui, à cause de fuites, au niveau du nez ou du menton par exemple, parvient jusqu’à notre appareil respiratoire.

Les tests en laboratoire sont réalisés avec, d’une part, un aérosol de chlorure de sodium de 0,6 micron de diamètre médian (particules de 0,1 à 1 micron) et, d’autre part, un aérosol d’huile de paraffine de 0,4 micron de diamètre médian. En fonction des résultats, les masques FFP sont classés comme suit :

  • FFP1 : le taux de filtration doit être supérieur ou égal à 80 % et le taux de fuite total vers l’intérieur doit être inférieur ou égal à 22 %.
  • FFP2 : le taux de filtration doit être supérieur ou égal à 94 % et le taux de fuite total vers l’intérieur doit être inférieur ou égal à 8 %.
  • FFP3 : le taux de filtration doit être supérieur ou égal à 99 % et le taux de fuite total vers l’intérieur doit être inférieur ou égal à 2 %.

FFP1

Le masque de classe FFP1 empêche au moins 80 % des aérosols de passer à travers le média filtrant.

C’est celui qui présente l’efficacité la plus faible, mais il offre tout de même un niveau de protection satisfaisant contre les particules grossières et non toxiques. Il peut être utilisé dans le secteur du bâtiment et pour des activités en extérieur telles que des travaux de bricolage par exemple.

FFP2

Le masque de classe FFP2 retient 94 % des aérosols.

L’utilisation du masque FFP2 est recommandée en cas d’exposition à des particules fines toxiques. Cela concerne avant tout le secteur industriel (limailles métalliques, poussières de bois, fibres de verre, etc.), le secteur agricole (poussières de foins, de céréales), mais aussi le milieu hospitalier, dans le cadre de la protection contre les virus grippaux tels que le SRAS, la grippe aviaire, le coronavirus, etc.

En moyenne, les bactéries ont une taille de 1 à 10 microns, tandis que les virus ont une taille de 0,01 à 0,4 micron. Le coronavirus Sars-CoV-2, par exemple, a une taille de 0,1 micron. Les gouttelettes que nous projetons, responsables de la transmission de ce coronavirus, ont elles une dimension de 5 à 150 microns.

FFP3

Le masque de classe FFP3 est le plus efficace, puisqu’il filtre 99 % des aérosols.

Il est avant tout destiné à la protection contre les particules très fines : amiante, plomb, arsenic, fumées de soudage, etc. Il filtre efficacement les bactéries, les virus, les allergènes comme le pollen, et les particules fines émises par le trafic routier, particulièrement cancérigènes.

Amis motards, c’est donc ce type de masque qui vous protègera le mieux de la pollution de l’air en milieu urbain. Mais attention, cela peut se faire au détriment de la respirabilité. Une soupape d’expiration est ici quasiment indispensable pour ne pas ressentir de gêne pendant la conduite.

À quoi correspondent les normes N95, N99 et N100 ?

masque de protection N95
Un masque N95 jetable

Aux États-Unis, il existe des normes similaires aux normes européennes pour la certification des masques respiratoires filtrants.

On retrouve notamment la norme NIOSH 42 CFR 84, qui définit les classes de protection N95, N99 et N100.

C’est l’Institut américain de sécurité et de santé travail (NIOSH) qui est en charge de l’homologation de ces masques. Pour s’assurer qu’un masque est approuvé par le NIOSH, il convient de vérifier qu’il porte bien l’ensemble des mentions suivantes :

  • le numéro d’approbation du NIOSH
  • le nom du fabricant
  • le nom ou le logo du NIOSH
  • le numéro du modèle
  • la classe d’efficacité du filtre

Le N représente en anglais l’expression « Non-oil-based », c’est-à-dire que les masques de la série « N » filtrent les particules ne contenant pas d’huile (poussière, bactéries, virus, allergènes, etc.). Le 95 indique qu’au moins 95 % des particules de 0,3 micron de diamètre sont filtrées. Cela est aussi valable pour les masques N99, mais avec une filtration à 99 %. Même chose pour N100 avec cette fois une filtration à 99,97 %.

Pour faire simple, N95 est donc l’équivalent de la classe FFP2 tandis que N99 et N100 sont les équivalents de la classe FFP3. Toutefois, les normes américaines sont réputées plus souples que les normes européennes car les protocoles de test sont légèrement différents. Par exemple, le débit d’air utilisé en Europe lors des essais en laboratoire est de 95 l/min, alors qu’aux Etats-Unis, il est de 85 l/min.

En Chine (norme GB2626-2006), FFP1 = KN90, FFP2 = KN95 et FFP3 = KN100.

Au Japon (norme JMHLW-2000), FFP1 = DS1, FFP2 = DS2, FFP3 = DS3.